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Origine du nom "Bretagne-de-Marsan"

Saint-Martin

Vitraille de Saint-Martin (détail)

Comme pour Bretagne-d'Armagnac (Gers) ou Saint-Laurent-Bretagne (Pyrénées Atlantiques) se pose l'origine exacte du nom de "Bretagne" ...

Bretagne fondée par des Bretons ? : faux

Pour notre village, on pourrait penser à une colonie tardive de peuplement par des Bretons, comme cela a pu se passer dans l’Entre-Deux-Mers, à la fin de la guerre de Cent-Ans en 1453..
Mais en fait, le nom de Bretagne apparaît déjà dans les textes deux siècles plus tôt, au temps de Saint-Louis, à une époque où l’Aquitaine était anglaise. Nous trouvons alors au moins trois mentions dans le dernier tiers du XIIIe siècle, entre 1262 et 1274, sous la forme de Saint-Martin-de-Bretanhe ou de Breutanhe.

La paroisse est dédiée à Saint-Martin, c’est donc une paroisse ancienne, sans doute bien antérieure au XIIe siècle. D’après le Pouillé du diocèse d’Aire, la paroisse Saint-Martin-de-Bretagne ou Britania était également connue sous le nom de « le Pas de Bretagne ». On peut donc se demander si primitivement elle ne s’appelait pas Saint-Martin-du-Pas avant de prendre vers le XIIIe siècle, le nom de Saint-Martin-de-Bretagne.

Bretagne est située sur l’ancienne route allant de Mont-de-Marsan à Grenade, et le ruisseau qui traverse la commune s’appelait encore au XVIIe siècle le ruisseau du Pas, maintenant Des Longs. De nos jours le toponyme subsiste au lieu dit « le Pas » ou « lou Pas », près du pont enjambant ce ruisseau.

Donc, nous sommes certains que Bretagne n'est pas une colonie de peuplement fondée par des bretons à la fin de la guerre de Cent-ans.

En effet, les mentions Saint-Martin-de-Bretanhe ou de-Breutanhe datant du XIIIe siècle relevées dans les Rôles Gascons, et le choix de Saint-Martin comme Patron de la paroisse, nous confirment une bien plus grande antériorité.

Mais pourquoi Saint-Martin-du-Pas, toponyme géographique certainement très ancien indiquant une zone de passage, a-t-il été changé avant ou au cours du XIIIe siècle en Saint-Martin-de-Bretagne ? - La question reste posée…

De Saint-Martin au nom "Bretagne"

Au Moyen-Age, Bretagne devait être une petite communauté rurale dont l’église paroissiale dépendait de la collégiale Saint-Girons d’Hagetmau.

De tout temps, le seigneur de Benquet avait des droits sur la paroisse voisine de Bretagne. L’un d’eux, Adam de Benquet, vendit le 15 janvier 1548 la baronnie de Benquet, la paroisse et le village de Bretagne, au roi Henri II de Navarre, grand-père du futur Henri IV roi de France.

Nous remarquons dans cet acte de vente du 15 janvier 1548, que le vocable Saint-Martin n’apparaît pas, et que seul figure dans ce texte le nom de Bretagne.

En 1569, durant les guerres de Religion, alors que presque toutes les églises des paroisses voisines étaient pillées ou incendiées par les protestants, Bretagne réussit à échapper à leurs ravages, sans doute protégée par son appartenance au royaume de Navarre.

Plus tard, en 1653, lorsque Pierre de Val a établi la carte du diocèse d’Aire, il mentionne la paroisse de Bretagne, mais là non plus, le vocable Saint-Martin n’apparaît pas.

Le nom du Saint-Patron de la paroisse a donc disparu pour une raison que nous ignorons entre le XIVe et le XVIe siècle.

Bretagne ou Brètaigne

Depuis, le village s’est toujours appelé Bretagne ou Brètaigne ; les deux orthographes ont été indifféremment utilisées dans les rôles administratifs, actes notariés, ou autres documents officiels ; et ce, bien avant 1789, mais aussi durant la Révolution et l’Empire. Plus tard, sous le règne de Charles X, on retrouve encore Brètaigne dans quelques rares actes notariés datant des années 1826 et 1828.

Bretagne-de-Marsan

En 1940, Bretagne, par décision administrative s’appelle : Bretagne-de-Marsan.

Bretons ou Bretagnais ?

Aujourd’hui, pour quelle raison, appelle-t-on les habitants de Bretagne-de-Marsan – commune landaise – les Bretons ? Cela prête très souvent à confusion avec la Bretagne.

Ne serait-il pas plus logique et plus simple de les nommer : Bretagnais et Bretagnaises ?

Des demeures anciennes à Bretagne

Aux XVIIième et XVIIIième siècle, plusieurs familles nobles ou bourgeoises possédèrent successivement les terres de Bretagne et de Benquet. Parmi les demeures anciennes connues à Bretagne de Marsan, citons par exemple : Monval, Nouvielle, La Borde, le Penan, le Mousse, Magister, Jean Gros, Jean Blanc, le Bousquet.

Francois Causse